🌳Arbres privés, services publics.
Une série photo pour une nouvelle culture de l’arbre en ville, sur terrain public comme privé.
Et si les arbres qui peuplent votre jardin, votre école ou votre entreprise étaient aussi précieux que ceux d’un parc public ? Et s’ils étaient, en réalité, les premiers alliés de la ville face aux canicules, à l’érosion de la biodiversité, ou à l’isolement social ?
À travers cette série photographique, de Montréal au Maine-et-Loire, explorons un paradoxe urbain : alors que les arbres rendent des services essentiels à tous (ombre, fraîcheur, stockage du carbone, accueil de la vie…), ils restent peu protégés, a fortiori s’ils poussent sur un terrain privé. Or, ces terrains représentent souvent plus de 50 % de la surface des villes !
L’exposition propose un autre regard sur la végétalisation urbaine, à travers des abattages contestés, des plantations citoyennes, et des politiques municipales audacieuses, comme à Montréal, où même les arbres privés sont protégés.
Qu’est-ce que la forêt urbaine ?

La forêt urbaine, c’est l’ensemble des arbres présents dans une ville, qu’ils soient localisés sur un trottoir, dans un parc public, un cimetière, une cour d’école, un jardin privé, un terrain d’entreprise ou bien une friche abandonnée. Ce n’est pas une forêt d’un seul tenant, mais un réseau d’arbres qui agit à toutes les échelles, refroidissant la ville, purifiant l’air, accueillant la biodiversité, stockant du carbone, limitant les ruissellements et apaisant les habitants.
Ces arbres offrent des bienfaits et services écosystémiques essentiels et gratuits : ils améliorent notre santé physique et mentale, renforcent le lien social, contribuent à l’adaptation des villes face aux changements climatiques et offrent un refuge à la biodiversité urbaine.
Mais qu’ils poussent sur une place publique ou derrière une clôture, ces arbres restent fragiles, soumis aux coupes, aux contraintes d’aménagement ou à la volonté d’un seul propriétaire, alors même qu’ils bénéficient à toute la collectivité.
Il est temps de reconnaître la valeur collective des arbres urbains, y compris ceux situés sur les terrains privés.
Planter beaucoup, abattre encore
Les plantations de jeunes arbres ont le vent en poupe, mais…
… les arbres matures, eux, tombent encore trop vites.
En ville, les arbres rendent ainsi de nombreux services qui bénéficient à toute la communauté. Pourtant, qu’ils soient situés dans l’espace public ou sur des terrains privés, ils restent vulnérables.
Les récentes coupes d’arbres à Chartres ou au Mans, souvent réalisées au nom de l’aménagement urbain, témoignent d’un rapport encore trop instrumental et esthétique à la nature. Dans ces villes, et malgré des annonces ambitieuses d’accroissement du nombre de nouveaux arbres, les abattages continuent, parfois au mépris de l’opinion citoyenne.
Les arbres sont donc loin d’être intouchables lorsqu’ils sont sur des terrains publics. A fortiori sur les terrains privés, ils peuvent encore, bien souvent, être supprimés sans contrôle, pour des raisons de confort, de vue ou d’entretien.
Mais des voix s’élèvent. Le Groupe Arbres de France Nature Environnement Anjou milite pour une véritable reconnaissance du rôle des arbres en ville, et pour leur protection durable.
Les promesses de replantation sont nécessaires, mais elles ne compensent ni les pertes immédiates, ni les décennies de services écosystémiques qu’un arbre mature emporte avec lui.

Montréal protège ses arbres
Depuis 20 ans, Montréal protège ses arbres jusque dans les terrains privés. Une stratégie gagnante.

En 2005, Montréal adopte une Politique de l’arbre pionnière. L’arbre y est reconnu comme un patrimoine collectif, même quand il pousse sur une propriété privée.
Depuis, il est interdit d’abattre un arbre sans autorisation. Un permis est requis, et seules certaines raisons sont acceptées : arbre malade ou dangereux, ou travaux indispensables. À l’inverse, les abattages de confort (feuilles gênantes, ombre, vue bouchée) sont refusés. Ce cadre protège les arbres urbains des pressions individuelles, car leurs bienfaits profitent à tous.
Mais Montréal ne fait pas que protéger : elle plante massivement, y compris sur terrains privés. Grâce à ses partenaires comme le GRAME, la Ville offre des plantations clés en main pour les citoyens, les entreprises ou les écoles, avec un soutien technique et financier. Chaque arbre est géolocalisé, suivi, et non déplaçable sans permis.
Dans les quartiers plus vulnérables, les habitants participent directement aux projets. L’arbre devient alors un levier d’engagement, d’embellissement… et de justice climatique.
Avec l’Alliance forêt urbaine, Montréal coordonne l’ensemble des acteurs pour faire croître une canopée plus dense, plus équitable et plus résiliente. Une inspiration concrète, durable, exportable.
Ma proposition
Renforcer la canopée urbaine et mieux protéger les arbres sur terrain privé.
Les arbres sur nos terrains privés rendent de véritables services publics : ils rafraîchissent nos quartiers, améliorent notre santé, apaisent les rues et accueillent la biodiversité. Pourtant, ils peuvent encore être abattus du jour au lendemain, sans motif valable.
Et si cela changeait ?
Comme à Montréal, on pourrait protéger tous les arbres, même ceux des propriétés privées. Et si chacun plantait un arbre chez soi pour contribuer à une ville plus résiliente ? Et si les arbres privés devenaient enfin reconnus pour ce qu’ils sont : un bien commun ?
C’est l’objectif de mon projet : transposer en France l’expérience acquise outre-Atlantique, en proposant un service de plantation d’arbres sur terrains privés clé en main, et soutenu par les collectivités pour le rendre accessible à tous⸱tes. Pour végétaliser vraiment les villes, il faut agir là où se trouve l’essentiel de leur surface : sur les terrains privés.
👉 Si cette vision vous parle, répondez à l’enquête, contactez-moi ou faites venir l’exposition dans votre quartier, votre mairie ou votre établissement.
Ensemble, faisons pousser une nouvelle culture de l’arbre en ville.
Futurs élu·es, et si on passait à l’action dès 2026 ?
Vous êtes élu·e, en campagne ou en responsabilité ?
Mon projet s’adresse aux communes, aux EPCI, ainsi qu’à tous les propriétaires de terrains privés (bailleurs, entreprises, établissements scolaires ou de santé), avec un objectif clair :
👉 Créer un service local de plantation d’arbres sur les propriétés privées, co-construit avec les citoyens, les collectivités et les associations.
Inspiré des 15 années de succès montréalais, ce service vise à :
- soutenir les citoyens et entreprises dans leurs plantations
- massifier la canopée urbaine là où les municipalités ne peuvent pas intervenir directement
- éviter les écueils de l’éco-gentrification, en ciblant les quartiers prioritaires
- assurer la pérennité des végétaux plantés avec le soutien des municipalités
➡️ Ensemble, posons les bases d’une politique locale de foresterie urbaine privée ambitieuse
Je suis prêt à en discuter avec vous.
Pour aller plus loin
Mes suggestions de lecture sur le sujet :
- De l’arbre en ville à la forêt urbaine, 2024, Alain Paquette, Bastien Castagneyrol , Serge Muller.
- L’Alliance Forêt Urbaine de Montréal.
- Mémoire de fin d’études « L’évolution de la place de l’arbre dans le projet urbain : Cas de la ville d’Angers, de 1950 à aujourd’hui » par Sarra Oujour, 2020.
- L’expo en images :
